
L’Ouzbékistan est situé au cœur de l’Asie Centrale entre deux fleuves : Amou-daria et Syrdaria. L’histoire des peuples habitant sur ce territoire depuis des temps immémoriaux compte des millénaires. Cette terre est devenue Patrie de la civilisation qui peut se nommer de plein droit l’une des anciennes civilisations à l’Orient. L’histoire de l’Ouzbékistan est une histoire des personnes particulières et de grands peuples, des conquêtes sanglantes et des révoltes. C’est une histoire des naissances des belles villes de l’Asie Centrale, c’est une histoire des gens qui aimaient de tout leur cœur leur Patrie.
Tout au long de son histoire, le territoire de l'actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants des Turcs, Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes pour devenir un État à part entière en 1991. Les premières civilisations apparues en Ouzbékistan le furent en Sogdiane, Bactriane et Khorezm (Chorasmia).
L’âge de Pierre – les zoroastriens et les perses. Le processus d’emménagement du territoire de l’Ouzbékistan a commencé avant l’âge de Pierre. L’information la plus ancienne sur les peuples qui habitaient sur le territoire de l’Asie Centrale se reflète dans l’Avesta – l’ensemble d’hymnes sacrés des zoroastriens. Ces terres étaient habitées par les Sogdiens, les Bactriens et d’autres peuples. Ces nationalités sont décrits dans les sources persans originales. Les écrivains grecs ont mentionné l’existence de la ville Marakanda (actuellement ville de Samarcande) et Kiropol à Fergana.
Alexandre le Grand
Le pays fut pris par Alexandre le Grand en 327 av J-C., alors qu'il menait campagne contre Darius III. Cette conquête mit fin à la dynastie des Achéménides. Lors de sa conquête de l’Empire Perse, Alexandre le Grand a envahi l’Ouzbékistan en arrivant par Samarkand, mettant fin à la dynastie des Achéménides. Alexandre le Grand n’a pas été bien accueilli par les Ouzbeks, de nombreuses révoltes ont éclatées sous l’égide de Spitamen durant les premières années de son règne. Mais le Macédonien n'était pas seulement un général de talent, il était aussi un excellent stratège et politicien. Peu à peu, il a rallié de nombreux sogdiens à ses côtés, notamment en épousant la fille d’un noble sogdien, Roxanne. Alexandre le Grand a reconstruit les villes détruites lors de l’invasion et construit de nouvelles, de façon à pouvoir accueillir de nouveaux habitants venant de tout son empire.
On dit que Spitamen a été tué par sa propre femme, fatiguée de la guerre et condamnant son mari pour une fierté excessive. Selon la deuxième version, Spitamen aurait été perfidement tué par des tribus alliées nomades qu'Alexandre aurait soudoyées. Néanmoins à l'époque de l’empire Gréco-Bactrien, Khorezm a prospéré et accroît sa richesse, l'artisanat et l'art se sont développés. Les Grecs ont apporté leur propre culture, qui s’enracina dans la culture de l'Asie centrale.
Le pouvoir Kushan
Après la mort d'Alexandre, l'Empire a éclaté en plusieurs états, oubliant que leur force se trouvait dans leur unité. La tribu nomade Kushan n'a pas tardé à en profiter. Sogdiane et Khorezm, ainsi que le nord de l'Inde et une partie de l'Afghanistan, sont tombés sous le joug du royaume de Kushan. La religion principale de cette époque était le bouddhisme, depuis que leur roi Kanishka s’était converti. La Grande Route de la Soie, entre la Chine et l’Europe, a pris de l’importance à partir de ce moment, et ses villes sont devenues des centres d'artisanat et de commerce.
Pendant le règne des Kushans en Asie centrale, des provinces autonomes ont fait leur apparition, telle que Khorezm, où régnait sa propre dynastie.
C'était une période de coopération étroite entre les marchands sogdiens et chinois. Pendant un certain temps, la Chine a tenté de dominer la route commerciale, et a même envahi Ferghana, mais l’Asie Centrale a vite repris son indépendance.
Huns blancs et Turcs
Lors du déclin du royaume de Kushan, Sogdiane vit déjà selon ses propres lois en se divisant en petites régions. L’Ouzbékistan se retrouve sous le joug des Sassanides, puis des Huns Blancs et enfin des Trucs. La Grande Route de la Soie continue son essor. Et malgré le fait que les Turcs aient capturé la ville de Chach (Tachkent moderne) et créé le Kaganate turc, Sogdiane reste autonome. La sériciculture se développe, offerte par la Chine, ainsi que l’élevage du coton, la joaillerie et l'extraction de métaux précieux. Jusqu'à l'arrivée des Arabes.
Expansion arabe
En arabe, le territoire situé entre le SyrDarya et AmuDarya s'appelait Maverranakhr. Ce nom a été attribué en permanence au territoire de Sogdiane et du Khorezm, qui est rapidement devenu une partie du califat arabe. Les arabes sont allés à la guerre - les révoltes ont été écrasés, les habitants ont été convertis de force à l'islam. À cette époque, le zoroastrisme était présent en Asie centrale et la plupart des habitants étaient de cette confession. En s’imposant, l’Islam a évincé les cultures païennes qui étaient bien présentes aussi dans la région. Certaines fresques ont été détruites, des statues ont été brisées et des bâtiments ont été détruits. Les noms avestiens simples et compréhensibles ont été remplacés par de longs noms arabes avec de nombreux préfixes. L'arabe est devenu la langue officielle. Cette période est souvent décrite comme une période sombre car l'économie et la culture sont tombées en décadence.
Néanmoins, le développement de la région s'est poursuivi et le renforcement de la noblesse arabe locale a forcé Khalifa à reconnaître une part équitable d'indépendance aux dirigeants de Maverranahr. A partir de ce moment, l'histoire des peuples d'Ouzbékistan sera inextricablement liée aux dynasties régnantes - Takhirides, Samanides, Karakhanides, Ghaznevids ... Au Khorezm, la dynastie islamique a également été conservée (règne de Mamun le Premier). C'est sous son règne et celui de son successeur que vivaient les scientifiques Beruni et Ibn Sina.
Les Samanides furent la première dynastie perse à reprendre le pouvoir en Ouzbékistan entre 819 et 1005 après la conquête arabe. La dynastie turque des Qarakhanides, ancêtres des Ouzbeks modernes, a régné sur l'actuel Ouzbékistan de la fin du IXe siècle jusqu'en 1212. Le grand conquérant mongol Gengis Khan prit Samarcande en 1220 en renversant les Kharezm-Chahs dont le règne fut d'assez courte durée. Il légua ensuite le pays de Transoxiane (Ma wara'un-Nahr) à son deuxième fils, Tchagatai.
Gengis Khan et Tamerlan
En 1220-1221 la noblesse locale n’a pas pu résister à l’invasion de l’armée de Gengis Khan. Beaucoup de villes comme Boukhara, Samarcande et Khorezm ont été détruits. Les Mongols ont rasé des oasis fleuries, conquis Samarkand et Boukhara, les habitants ont été réduits en esclavage. L'économie et la culture se sont effondrées. Gengis Khan a divisé ses terres entre ses héritiers, mais n'a pas pu empêcher les guerres intestines qui ont commencé après sa mort.
Au milieu du XIV siècle à l’aide d’un grand dirigeant militaire Tamerlan la population locale a été libéré des Mongols. Tamerlan a commencé ses campagnes réussies en Irak, Inde, Turquie et Afrique du Nord qui ont conduit à la création de l’un des plus puissants empires du Moyen Âge avec la capitale à Samarcande. La restauration et le développement des villes (de Samarcande et surtout de Shahrisabz, la ville natale de Tamerlan) ont animé le commerce, l’artisanat, l’art et la scienTimour a établi sa capitale à Samarkand et y a fait construire de magnifiques mosquées, médersas et mausolées. Sous Amir Timour, l'artisanat a recommencé à se développer et le commerce à prospérer. Timour avait besoin d'un ordre immuable dans le royaume, il a sévèrement arrêté toutes les tentatives de rébellion dans un seul but - rendre son empire fort et invincible. Pendant les guerres du «tous contre tous», il était important de maintenir l'indépendance de l’état.
Mais à sa mort, l'empire a commencé à se désintégrer. Son fils Shakhrukh a réussi à garder l'Afghanistan, Maverranahr et Khorasan. Il a déplacé la capitale à Herat et a fait de son propre fils Oulougbek le gouverneur de Samarkand. Le Samarkand de cette époque - une métropole densément peuplée et riche, "la capitale du monde oriental" – était au centre de la pensée laïque, spirituelle et scientifique. Samarkand a vécu quarante années de paix, une période calme et prospère, jusqu'à la mort d’Oulougbek, assassiné sur ordre de son fils.
Les tribus nomades des ouzbeks
Au XVI siècle les tribus nomades des ouzbeks ont envahi par le nord en conquérant les petits États féodaux des timourides et formant leur propre État (plus tard appelé l’Ouzbékistan). Le mot « ouzbek » signifie le « maître » de lui-même. L’économie de l’Asie Centrale du passé se développait grâce aux relations stables avec la Chine, l’Inde et l’Europe. Au II siècle avant JC les routes commerciales caravanières ont lié l’Europe du Sud-Est, l’Irak, le Caucase et l’Asie Centrale avec la Mongolie et la Chine et sont connu aujourd’hui comme la Grande Route de la Soie. La Route de la Soie passait par les centres de l’Asie centrale – Samarcande, Boukhara, Marguilan, Chakhrisabz et Andijan.
L’Empire russe
Dans la seconde moitié du XIX siècle les khanat de Boukhara, Khiva et Kokand ont rejoint l’Empire russe. Durant cette période, l’agriculture était très développé en Ouzbékistan en raison du fait qu’il était plus rentable de cultiver le coton en Asie Centrale au lieu de l’importer des États-Unis. Le coton est devenu la production agricole principale. La construction des chemins de fer a donné une impulsion au développement des relations commerciales et culturelles entre l’Asie et l’Europe. C’était la période où le pays a commencé à surmonter sa période antérieure de stagnation.
En 1917 la Révolution d’Octobre a changé la situation politique au Tourkestan et en 1924 L’Ouzbékistan est devenu l’une des républiques de l’URSS. Le 1er Septembre 1991 L’Ouzbékistan a déclaré son indépendance de la Russie et ce jour a été déclaré comme le Jour de l’Indépendance.







